Notre sélection

Les rubriques

Nouveaux articles

Chroniques

Ailleurs

Sitaudis.fr : Revue off

Itinéraires de délestage de Lionel Bourg par François Huglo 02/12/2022

Julia Lepère, Par elle se blesse par Tristan Hordé 30/11/2022

Pierre Drogi, Les Fulgurés par Patrick Beurard-Valdoye 29/11/2022

du9 : L'autre bande dessinée

Récompenses 02/12/2022

Libération – Montreuil 2022 01/12/2022

Invasion des Macrobes 30/11/2022

Chronique

« In memoriam » Malcolm McLaren 1946-2010

Malcolm McLaren

« Jamais eu l’impression de vous être fait avoir ? » — à en croire Johnny Rotten, cette question, par lui proférée lors de l’ultime concert des Sex Pistols, n’était pas tant un sarcasme adressé au public que l’expression de son propre ressentiment vis-à-vis de son manager et Pygmalion, Malcolm McLaren. Aux funérailles de ce dernier, le 22 avril 2010, une lettre du guitariste Steve Jones (lue par le propre fils de McLaren et Vivienne Westwood !) rappelait sur un ton plus complice cette version de la saga des Pistols : « Cher Malcolm, as-tu pris l’argent avec toi ? Est-ce qu’il est dans le cercueil ? » Et quiconque a connu les années post-punk de se souvenir que Malcolm McLaren a été un temps, avec Yoko Ono, l’une des figures les plus décriées de la culture pop. Univers mercantile, factice, auquel McLaren, artisan autoproclamé de la « grande escroquerie du rock’n’roll », avait donné l’occasion, suprême paradoxe, de se racheter une virginité. Le méchant, c’était lui. Le punk était devenu l’alibi d’une industrie musicale régénérée, facteur de développement durable. Si McLaren avait fait de l’argent, il était, surtout, coupable de l’avoir dit. Désormais il était libre de s’occuper de choses qui alors n’intéressaient personne. Comme le hip-hop (dès 1983, avec son album solo Duck Rock). Hugh Cornwell, ex-Stranglers peu soucieux d’orthodoxie punk, écrit dans son autobiographie avoir toujours eu plaisir à croiser McLaren, celui-ci n’étant jamais à cours de choses passionnantes à raconter.

Passionnant et passionné, brillant causeur demeuré jusqu’au bout à l’écoute des autres et tout particulièrement des jeunes, tel est aussi le portrait que la journaliste franco-britannique Claudia Bear dresse du parrain de sa fille. Avec Berlin et Paris parmi ses principaux ports d’attache, McLaren offrait les dernières années l’image d’un authentique bourgeois bohème (la plupart de nos figures publiques ne sont pas pauvres, eh oui !), féru de cuisine bio, doublé d’un excentrique dans la grande tradition britannique qui passait des nuits dans les clubs vêtu, allez savoir pourquoi, d’un pull en mohair rose. Alors, escroc ou bobo ? Profiteur ou vrai anarchiste ? Manipulateur ou candide ? Né dans un milieu favorisé, voire aristocratique, allergique à l’autorité et en même temps remarquable organisateur, ses contradictions étaient celles mêmes que la critique sociale la plus radicale dévoile dans l’immédiat sans les résoudre, car pour cela il faudrait TOUT changer. Une conclusion à laquelle ne cesse d’aboutir Greil Marcus au fil des 500 et quelques pages de son maître livre Lipstick Traces, ce qui explique sans doute qu’il puisse y être si souvent question de McLaren sans qu’y soit formulé à son propos le moindre jugement positif ou négatif. McLaren au début des années 70 aspirait à diffuser en Grande-Bretagne les écrits et théories de Guy Debord. Intention louable. Il vendait dans sa boutique des tee-shirts Mai 68. Là, on ne peut plus nier qu’il voyait loin. Au même moment, son partner in crime Jamie Reid collait dans un magasin des stickers faisant état d’une liquidation massive avant « l’effondrement programmé du capitalisme monopolistique et l’épuisement des ressources naturelles ». Le même Jamie Reid, en 77, allait balafrer l’effigie de la reine de sa fameuse épingle à nourrice. Pour le meilleur et pour le pire, rappelle Greil Marcus, Malcolm McLaren aura constitué le trait d’union entre la critique situationniste — pointue, exigeante, sans concession — et la culture soi disant « populaire » — en réalité marchandisée, brièvement réappropriable par le biais du détournement. Il a fait ce qu’il pouvait. Dit ce qu’il avait à dire. Non sans roublardise et pourtant, en un sens, avec une certaine modestie. Cette modestie qui fait dire à un personnage de Tchekhov à la fin d’Oncle Vania : « Que faire ? Il faut bien vivre ! »

Frédéric Moulin

EN VITRINE

"MOÊMES" de Fabrice Hyber et Pierre Giquel

"MOÊMES" de Fabrice Hyber et Pierre Giquel

Ce livre est un livre d'artistes réalisé par deux d'artistes qui se connaissent depuis de longues années, aussi la justesse, l'émotion, l'intimité qui s'en dégage nous entraîne dans des univers indissociables. Artiste français de premier plan, Fabrice Hyber, dès les années 90, à fortement changé le contexte de l'art en France. Qui ne se souvient lors de la première Biennale de Lyon de son oeuvre Traduction, le plus gros savon du monde, sculpture monumentale en savon de Marseille, pesant 22 tonnes, 190x250x670 cm. On peut également citer Hybertmarché, 1996, installation présentée à L'Arc/musée d'Art moderne de la ville de Paris ou encore Eau dort, Eau d'or, Odor à la Biennale de Venise, 1997. Sans compter les nombreuses oeuvres exposées dans le monde entier. Autant d'oeuvres interactives qui allient peinture, sculpture, performance, la vidéo et installation de la plus pertinente des manières. Ecrivain, poète et critique d'art, Pierre Giquel (1954-2018) relate tout en allusion dans ce livre à deux voix une longue amitié, ainsi qu'une oeuvre dont il a suivi la genèse. Au passage, avec la délicatesse qui est la sienne, il crée un mot, MOÊMES, digne d'entrer dans le dictionnaire et qui défini admirablement la prose poétique et la teneur de son texte.
(Éditions du Regard, 10/2018)

Lettre d’infos

Régulièrement, nous vous informons des activités et des nouveautés de la librairie.

La librairie

Librairie française
Patrick Suel

tel +49 (0)30. 280 999 05
fax +49 (0)30. 280 999 06
Email info@zadigbuchhandlung.de

Le lundi de 14 à 19 heures,
du mardi au vendredi de 11 à 19 heures
et le samedi de 11 à 18 heures

Zadig

PHOTOS

« On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans » ?Mazen Kerbaj invite Ute Wassermann +1Inauguration de la nouvelle ZADIG le 21 septembre 2019France invitée d'honneur à la Foire du livre de Francfort 2017Leïla Slimani et Olivier Guez invités par ZADIG le 31 mars 2015Une lecture-présentation de Ken Bugul« Le Messager de Hesse », une relecture de Georg Büchner« Les Mystères de la gauche » par Jean-Claude Michéa« L’Art presque perdu de ne rien faire » de Dany LaferrièreRUE DES LIGNES 2013« Verre Cassé » de Alain Mabanckou« Où va Berlin ? » / Partie 2