On entend aujourd'hui par fanatisme une folie religieuse, sombre et cruelle. C'est une maladie de l'esprit qui se gagne comme la petite vérole. Les livres la communiquent beaucoup moins que les assemblées et les discours. On s'échauffe rarement en lisant : car alors on peut avoir le sens rassis. Mais quand un homme ardent et d'une imagination forte parle à des imaginations faibles, ses yeux sont en feu, et ce feu se communique ; ses tons, ses gestes, ébranlent tous les nerfs des auditeurs. Il crie : « Dieu vous regarde, sacrifiez ce qui n'est qu'humain ; combattez les combats du Seigneur » et on va combattre. Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère. [...]
Voltaire
extrait du Dictionnaire philosophique, 1764

Sitaudis.fr : Revue off
Gérard Vincent, L’incandescence par Michaël Bishop 04/02/2025
Pierre Guyotat. La Parole visible (coll.) par Jacques Barbaut 03/02/2025
Dante Alighieri, Une vie nouvelle, traduction d’Emmanuel Tugny par Florica Courriol 03/02/2025
du9 : L'autre bande dessinée
Thought Monster 07/09/2026
Screen 03/09/2026
C’est plat, mais quand même, c’est joli 02/09/2026
Nous avons le plaisir de vous présenter
Art, sérigraphie, engagement
Une présentation-introduction
Le samedi 12 septembre 2026 à 19 h à la librairie (sur réservation)

Éric Seydoux © Jo Magrean (2000)
Après avoir animé le célèbre Atelier populaire ayant produit les affiches iconiques de Mai 1968, Éric Seydoux (1946-2013), imprimeur et éditeur en sérigraphie, a marqué l’édition d’art par son exigence technique et son engagement auprès des artistes. Formé aux États-Unis puis à Paris, il cofonde en 1974 L’Atelier, lieu de création où se croisent plusieurs générations d’artistes, de la bande dessinée aux avant-gardes contemporaines. Son savoir-faire lui vaut de collaborer avec Pierre Buraglio, Shirley Jaffe, Claude Viallat, et bien d’autres. Promu Maître d’art en 2008, il explore sans cesse les possibilités de la sérigraphie, mêlant innovation et tradition. Plus d’une décennie après sa disparition, Dans l’atelier d’Éric Seydoux – première monographie d’envergure parue aux Éditions Naima – lui rend hommage à la suite de l’exposition à la Bibliothèque nationale de France en 2023 et celle du musée Henri Matisse du Cateau-Cambrésis en 2025 :
Dans l’atelier d’Éric Seydoux, imprimeur et éditeur en sérigraphie
Textes de Cécile Pocheau-Lesteven, Pierre Wat, Éric Seydoux avec les témoignages de Frédéric de Broutelles, Pascal Guichard, Jacques de Loustal, Paul Cox, Dominique De Beir.
240 pages, 21 x 28 cm, bilingue français-anglais
Éditions Naima, 2025
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Présentation par sa fille Amélie Seydoux, galeriste spécialisée en éditions et dessins, avec la participation de Christian Gfeller, artiste sérigraphe expérimental en duo avec Anna Hellsgård, fondateurs du collectif et de la galerie Bongoût à Berlin.
Photo Philippe Vermès - Archive Atelier populaire (1968)
Entrée : 8 €
Réduit : 4,50 €
Sur réservation !
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Nous avons le plaisir de vous présenter
MES ALLEMAGNES, MES BERLINS
Une rencontre-lecture avec le géographe Boris Grésillon
Le samedi 6 juin 2026 à 19 h à la librairie (sur réservation)
Photo Pawel Kocambasi extraite de BEFORE THEY DISAPPEAR, RDL éditions, 2023
En quelques étapes, articles et livres clés, le travail de Boris Grésillon a eu pour base l’enchantement des années 1990 à Berlin et s’inscrit dans une sorte d’école française qui écrit sans clichés ni préjugés le destin allemand de l’après-guerre froide. Dans la lignée de Retour à Berlin (Payot, 1989) de Jean-Michel Palmier, de La Société sous surveillance (Albin Michel, 1999) de Sonia Combe ou de Berlin chantiers de Régine Robin (Stock, 2001), son ouvrage Berlin métropole culturelle (Belin, 2002) est un élément fondateur de sa pensée géographique sur cette ville. Son observation d'expert-chercheur est complétée dans les années 2000 par la publication d’articles sur Berlin et l’Allemagne. S'ensuit le questionnement critique des années 2015-2025 où son écriture de géographe explore les prémices d’un « roman de Berlin » en devenir.
Présentation suivie d’une lecture d’extraits du chapitre « Berlin » du livre Allemagnes, sous la direction de Benoît Goffin et Boris Grésillon (ENS éditions, 2025).
Une traversée de l’Allemagne d’ouest en est, mais aussi un tour de pays, sans rester enfermé dans les frontières nationales : un voyage ambitieux pour découvrir notre plus proche voisin et partenaire indispensable pour répondre aux défis contemporains. En compagnie des meilleurs spécialistes, qui ont vécu durablement sur place, le livre offre une immersion intime dans les villes allemandes au plus près de leurs habitants, de leurs cultures, et dresse le portrait d’une Allemagne urbaine bien plus diverse et complexe qu’il n’y paraît, consciente à la fois de son rôle historique et des nouveaux défis qu’elle doit relever (intégration des étrangers, vieillissement de la population, alliance de l'économie et de l'écologie...). Le titre mène de Strasbourg à Francfort-sur-l’Oder, en passant par Berlin, Hambourg, Cologne, Francfort, Tübingen, Munich ou Dresde, sans oublier l’île de Majorque, parfois désignée comme le dix-septième Bundesland.
Sommaire :
Strasbourg : Emmanuel Droit. Berlin : Boris Grésillon. Hambourg : Arthur Devriendt. Cologne : Benoît Goffin. Majorque : Marine Simon. Francfort-sur-le-Main : Dominique Petre. Tübingen : Matthieu Osmont. Munich : Magali Mattern. Dresde : Denis Bocquet. Francfort-sur-l'Oder : Nicolas Offenstadt.

Photo Boris Grésillon - DR
Né à Lille en 1969, élevé à Paris et révélé à Berlin, Boris Grésillon est géographe, professeur à l’université Aix-Marseille, chercheur associé au Centre Marc Bloch et enseignant au Lycée français de Berlin. Ses travaux portent sur l’Allemagne et en particulier sur Berlin, dont il observe et analyse les multiples mutations depuis plus de 25 ans.
Entrée 8 € / 4,50 €
Sur réservation !
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Nous avons le plaisir de vous présenter
Woody
(Éditions Gallimard, 2026)
Une lecture-présentation de Benjamin de Laforcade
Le samedi 23 mai 2026 à 19 h à la librairie (sur réservation)

Bien sûr, Woody ne s'appelle pas Woody. Woody ment comme il respire et Woody s'invente des maladies. Woody voudrait que vous sachiez qu'il croit très fort en Dieu, raconte à tout le monde qu'il a raté son bac alors même que c'est faux, 12,1 – mention assez bien. Surtout, Woody est amoureux de Valentin. Woody est amoureux d'Abigaëlle. Alors qu'ils pourraient vivre ensemble une de ces histoires dont on dit qu'elles sont belles, Woody s'en va poursuivre ses rêves imaginaires, ses mauvaises aventures. Quand Woody reviendra, la vie se sera faite sans lui. Comment redevenir celui qu'on ne voulait plus être, et reprendre le rôle qu'on a abandonné ? Roman de l'échec intime et de la tendresse empêchée, Woody explore le destin d'un homme sensible et excessif. Avec ce nouveau livre, Benjamin de Laforcade offre un texte tendre et ironique sur l'adolescence, l'invention de soi et la place que l'on occupe, ou non, dans la vie des autres.
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Photo Benjamin de Laforcade © Francesca Mantovani | Gallimard
Benjamin de Laforcade est né en 1993 et a grandi à Nancy. Il vit et travaille à Berlin depuis 2017. Après Rouge nu, son premier roman paru en 2022 chez Gallimard, son deuxième roman Berlin pour elles a été finaliste de la sélection du prix Femina 2024.
Entrée 8 € / 4,50 €
Sur réservation !
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AUTO-DESTRUCTION
Pourquoi la voiture détruit le monde
(et comment arrêter ça)
(Éditions Wildproject, 2025)
Une lecture-présentation de Kilian Jörg le samedi 2 mai 2026 à 19 h à la librairie (sur réservation)

La voiture a beau être l’un des principaux agents de destruction de la vie sur Terre, elle a beau tuer un million d’êtres humains par an dans le monde, rien ne semble défaire notre amour pour elle, ni notre dépendance structurelle vis-à-vis de ses promesses – confort, rapidité, praticité, élégance. Elle constitue, depuis bientôt un siècle, la clef de voûte de notre organisation spatiale, sociale et affective. Il est plus que temps d’analyser notre relation toxique avec elle, de se libérer de ses séductions factices et coûteuses, et de mettre un terme aux ravages planétaires qu’elle entraîne.
Ancien petit garçon amoureux des voitures, Kilian Jörg explore ici la façon dont la bagnole informe l’idée que nous nous faisons de la « liberté », de la « normalité », de la « raison » et de la « nature » – au point de devenir l’objet emblématique de l’hybris capitaliste et de transformer chacun de nous en micro-fasciste.
Dialoguant avec Beyoncé et Baudrillard, Descola et Batman, le philosophe nous emporte dans des montagnes russes à travers la culture pop, la masculinité fasciste, l’hégémonie du pétrole et du béton, les parcs nationaux, les occupations de terres par des militants, pour nous emmener vers des mondes sans voitures et pleins de vie.
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Photo Kilian Jörg © Sabrina Rosina
Kilian Jörg est un·e artiste et philosophe de l’écologie né·e en Autriche en 1990, travaillant sur la catastrophe écologique et sur la manière dont nous pouvons y répondre culturellement. Après un doctorat en philosophie, iel œuvre dans divers pays, collectifs et disciplines. Iel a publié six essais qui ont rencontré un fort écho en Allemagne. Francophone, iel est proche des mondes militants et des lieux de lutte en France.
Entrée 8 € / 4,50 €
Sur réservation !
Il y a quelque temps, je me suis retrouvé à devoir faire un trajet d’environ cinquante kilomètres à travers des routes de campagne pour ramener le petit camion d’un ami artiste. Avant ce jour-là, je n’avais encore jamais conduit un aussi gros véhicule, mais mon sujet de recherche m’avait rendu curieux de savoir comment je vivrais une telle expérience. Au bout de quelques kilomètres, après une phase d’adaptation pour le moins tendue, je me suis rapidement habitué à la démesure et à la puissance de mon 3,5 tonnes, je me mis à goûter cette fameuse légèreté avec laquelle je faisais glisser mon lourd chargement sur le béton soyeux. Un magnifique paysage de collines boisées défilait à travers ma vitre. Les rares localités qu’il me fallait traverser étaient la plupart du temps organisées de telle manière – à l’aide d’un système de feux de circulation et de ronds-points – que je n’ai guère eu l’occasion de repasser au point mort. Tout semblait venir envelopper joyeusement et de bon gré mon lourd chargement que seuls quelques rares nids-de-poule parvenaient à faire gronder. Dans l’autoradio, des voix suaves vantaient toutes les demi-heures la fluidité du trafic et me souhaitaient avec enthousiasme – en même temps qu’à toute cette communauté imaginaire et atomisée de conducteur·ice·s autour de moi – une « bonne route ». Sur le bas-côté, j’apercevais à intervalles réguliers des panneaux publicitaires et des bars louches où officiaient des strip-teaseuses. Partout, des femmes, la plupart du temps blondes et invariablement minces, m’adressaient des sourires engageants et aguicheurs. Tout semblait venir confirmer mon être et me donner raison, m’assurer que j’avais ici la priorité, que j’étais le centre de l’univers.
Extrait d′Auto-destruction de Kilian Jörg
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