Notre sélection

Les rubriques

Nouveaux articles

Chroniques

Ailleurs

Sitaudis.fr : Revue off

Itinéraires de délestage de Lionel Bourg par François Huglo 02/12/2022

Julia Lepère, Par elle se blesse par Tristan Hordé 30/11/2022

Pierre Drogi, Les Fulgurés par Patrick Beurard-Valdoye 29/11/2022

du9 : L'autre bande dessinée

Récompenses 02/12/2022

Libération – Montreuil 2022 01/12/2022

Invasion des Macrobes 30/11/2022

Chronique

Ramones Museum Berlin

RAMONES MUSEUM BERLIN

Mentionnez autour de vous à Berlin le Ramones Museum, on vous répondra sans doute : « Ah oui, c’est le musée qui est installé dans l’appart d’un type ! » Ce n’est pas, ou plus tout à fait vrai. L’aspect intime pourtant demeure : l’espace d’exposition, à une volée de marches du Café Mania, où sont délivrés les billets, s’élève ensuite par paliers successifs, du côté gauche, jusqu’à un toit en soupente. Encore quelques pas et il devient difficile, puis impossible de s’y tenir debout. Là on feuillette des magazines et fanzines punks vautré à même le parquet de bois blanc, tel le proverbial ado rebelle réfugié au grenier de la maison familiale, lire : pavillon de banlieue : aperçu plus ou moins romantique d’une Amérique profonde dont on ne sait si les Ramones en sont l’expression ou la négation. Cette soupente, pour tout dire, n’est pas non plus sans rappeler ces églises clandestines qu’on fait visiter à Amsterdam, ces greniers où les catholiques hollandais, après la victoire protestante, s’assemblaient pour pratiquer leur religion. Rien que de très normal à cela. Car d’une part Berlin, orpheline de trop de monuments, ne peut qu’avoir l’usage d’une nouvelle cathédrale ; et d’autre part les Ramones méritent mille fois qu’on leur rende UN CULTE parce qu’ils sont, sachez-le, ni plus ni moins que d’authentiques SAINTS… Mais si. Heureux les simples. Le Royaume des cieux leur appartient, Gabba Gabba Hey… D’où les reliques, incluant jusqu’à une paire de Converse, d’où les innombrables déclinaisons d’une même icône quadri-phallique au hiératisme presque médiéval (les visages et même les prénoms — Joey, Johhny,

Dee Dee, Tommy, Marky, Richie, CJ — changent, sans altérer la permanence de l’Idée) qui tapissent la salle. Ici c’est encore autre chose : une énorme photo de Johnny Ramone, très cool, la guitare en bandoulière, canette à la main, enseignant au chanteur puceau des Sex Pistols : « Regarde les oiseaux, mec, est-ce qu’ils ont besoin de taffer ? », l’autre en face crispé, pas dupe, peut-être déçu par ses héros qu’il devine en bons yankees plus bosseurs que des moines cisterciens, version ordre militaire : armures cuir, jean troué en guise de bure. On l’imagine assez, le Johnny Rotten, Antéchrist matérialiste dialectique (futur auteur de : This Is Not A Love Song, très dialectique ça !), grincer imperceptiblement entre ses dents pourries, lorgnant, accroché un peu plus loin sur le mur, le célèbre cliché des Ramones dans un wagon de métro new-yorkais graffité : « Peuh, me font penser à des peintres qui couvriraient de natures mortes les parois d’un navire en perdition... ». Qu'à cela ne tienne, Bertolt Brecht, lui, certifie bel et bien préférer le suprême détachement one-two-three-four des Ramones à tout l’expressionnisme punk, militant ou nihiliste, de l’Europe… Au sortir du petit local vidéo où l’on peut entre autres entendre un de leurs collaborateurs plus âgés déclarer qu’après les avoir entendu pour la première fois, il avait
« éclaté de rire tant ils étaient
mauvais
», le défunt dramaturge a ainsi confié qu’en permettant au spectateur de prendre ses distances par rapport au spectacle, et au public de prendre conscience de sa propre construction, les Ramones ont su réaliser mieux que personne l’idéal paradoxalement émancipateur du Verfremdungseffekt… D'ailleurs en tant que fils de militaire, Dee Dee, membre le plus fêlé de la (fausse) famille Ramone, a grandi en Allemagne. Allez savoir s’il n’y a pas un rapport ?

Frédéric Moulin

[Depuis mars 2017 le RAMONES MUSEUM et son fondateur Flo Hayler ont déménagé de la Krausnickstrasse, rue voisine des deux adresses que ZADIG a eues dans son quartier historique : le Scheunenviertel. Ceci pour retrouver son territoire d'origine : Kreuzberg, qu'évoque Francesco Masci dans l'autre légendaire texte à rapprocher de celui de notre ami Frédéric Moulin : L'ordre règne à Berlin, paru chez Allia éditeur en 2007]. 


RAMONES MUSEUM BERLIN
Nouvelle adresse :
Oberbaumstr. 5
10997 Berlin

EN VITRINE

"Azerty. L'alphabet du monde" par Massin

"Azerty. L'alphabet du monde" par Massin

Comment les majuscules, dont se servaient uniquement les Romains, sont-elles devenues, en mille ans, des minuscules ? Pourquoi la lettre Z a-t-elle été reléguée à la fin de l'alphabet ? Pour quelle raison a-t-on inventé l'italique, et pourquoi a-t-il pris ce nom, et de même le romain ? Quelles images les lettres suggèrent-elles à Victor Hugo ? Comment traduit-on, dans les principales langues européennes, le cri du coq, le miaulement du chat ou le bruit de la locomotive ? À quoi sert la ponctuation et depuis quand existe-t-elle ? Dans quel pays du monde appelle-t-on le Q la « vilaine lettre » ? D'où vient le nom des notes de musique ? Quels sont les ancêtres de nos posters et de nos tags actuels ? [...] Ce livre s'efforce de répondre à ces questions, et à bien d'autres aussi que font naître les cinq mille ans d'histoire de l'écriture, avec les lettres d'un alphabet qui, depuis un siècle, avec les machines à écrire, puis les ordinateurs, sont rangées dans un ordre différent, AZERTY en France et Belgique, QWERTZ en Allemagne, Autriche et Suisse, QWERTY dans le reste du monde...
Massin, graphiste et typographe de légende, délivre ici des images des métamorphoses incessantes de notre alphabet.
(Gallimard éditions, 10/2004)

Lettre d’infos

Régulièrement, nous vous informons des activités et des nouveautés de la librairie.

La librairie

Librairie française
Patrick Suel

tel +49 (0)30. 280 999 05
fax +49 (0)30. 280 999 06
Email info@zadigbuchhandlung.de

Le lundi de 14 à 19 heures,
du mardi au vendredi de 11 à 19 heures
et le samedi de 11 à 18 heures

Zadig

PHOTOS

« On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans » ?Mazen Kerbaj invite Ute Wassermann +1Inauguration de la nouvelle ZADIG le 21 septembre 2019France invitée d'honneur à la Foire du livre de Francfort 2017Leïla Slimani et Olivier Guez invités par ZADIG le 31 mars 2015Une lecture-présentation de Ken Bugul« Le Messager de Hesse », une relecture de Georg Büchner« Les Mystères de la gauche » par Jean-Claude Michéa« L’Art presque perdu de ne rien faire » de Dany LaferrièreRUE DES LIGNES 2013« Verre Cassé » de Alain Mabanckou« Où va Berlin ? » / Partie 2