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Coups de cœur

Exercices de deuil de Arnaud Cathrine

Exercices de deuil de Arnaud Cathrine
L´écriture mélancolique d´Arnaud Cathrine

Deux villes hantées par le souvenir et la perte, deux récits siamois. D'abord Berlin. Potsdamer Platz. Kaspar est comédien. Il s'adresse à Roman, son meilleur ami, qui a quitté Berlin après un violent conflit avec son père, lequel désapprouvait les choix artistiques de son fils. Portrait d'un Berlin déserté, un Berlin qui a mué, où Kaspar se sent étranger lui aussi, avec pour seule présence ce fantôme dont il voudrait se libérer. Et puis Philadelphie. L'Âge de raison. Andrew est un jeune garçon en rupture avec son environnement, du système universitaire jusqu'aux valeurs américaines incarnées par sa famille, ce bonheur obligatoire qui doit en passer par la réussite sociale. Que faire quand on n'est plus que de la colère, arme blanche et impuissante. Que faire, surtout, quand on n'a que la liberté de devenir soi-même mais que l'on se sent étranger chez soi.
Deux récits en miroir pour cet Exercices de deuil au pluriel. Un miroir déformant où se mirent l'étrangeté à soi-même, l'isolement dans la ville et son indifférence, les abris que l'on perd, ceux que l'on réinvente en attendant de savoir quoi faire de soi et quel chemin sera le nôtre. Deux récits qui s'exercent à l'idée de la perte et de l'abandon, avec cette idée que vivre seul, c'est s'entraîner à la mort.

Exercices de deuil, Arnaud Cathrine
Verticales, Paris, 2004
9,- €

Abbés de Pierre Michon

Abbés de Pierre Michon
Les voix de la Croyance

« Toutes choses sont muables et proches de l'incertain. » L'ultime vers d'une chronique rapportée revient comme une antienne dans ces trois récits ardents, cruels, excessifs, qui évoquent autour de l'An Mil les premières générations de bénédictins venus établir leurs monastères dans les îles et les marais de Vendée, sous la haute vigilance de Cluny, dans un temps où christianisme et paganisme sont étroitement imbriqués.

L'écriture de Pierre Michon se fait là plus dépouillée, mais combien puissante à faire monter en gloire le plaisir absolu de la chair, ou à précipiter dans une fureur désastreuse l'être qui tombe sous l'emprise du rien. Et dans les dernières pages du livre, lorsque la relique du Baptiste s'avère n'être qu'un faux, entre deux jurons ou quelques bégaiements, on croit entendre les abbés dire les versets de l'Ecclésiaste où il est question de paroles et de vent…

Abbés, Pierre Michon
Éditions Verdier, Paris, 2002
13,- €

Bord de mer de Véronique Olmi

Bord de mer de Véronique Olmi

Une femme sans nom et comme dépossédée des choses arrive avec ses deux petits garçons dans une ville située au bord de la mer. Autant pour fuir la misère et les règles du jeu social dont elle souffre que pour offrir à ses enfants un peu de bonheur, la promesse d'un ailleurs enfin tangible. Le « je » que le lecteur entendra ici n'est pas à proprement parler celui d'une « bonne mère », selon le sens commun et ce qu'il implique en termes de responsabilité familiale. Il est celui d'une femme à la dérive, dans les marges du social, qui dit l'absolu de l'amour maternel et ses déclinaisons au-delà de la raison. Le désir contre la société, jusqu'au drame ? Peut-être. Une histoire toute simple, un récit très fort.

Bord de mer, Véronique Olmi
Babel, Arles, 2003
9,- €

L´écriture ou la vie de Jorge Semprun

L´écriture ou la vie de Jorge Semprun
La force des mots

Déporté à Buchenwald, Jorge Semprun est libéré par les troupes américaines de Patton le 11 avril 1945. L´étudiant du lycée Henri IV, le lauréat du concours général de philosophie, le jeune poète qui connaît déjà tous les intellectuels parisiens découvre à Buchenwald ce qui n´est pas donné à ceux qui n´ont pas connu les camps : vivre sa mort. Un temps, il va croire qu´on peut exorciser la mort par l´écriture. Mais écrire renvoie à la mort, et pour s´arracher à ce cercle vicieux, il sera aidé par une femme, bien sûr, et aussi par l´existence d´un objet très prosaïque : le parapluie de Bakounine, conservé à Locarno. Dans ce tourbillon de la mémoire, mille scènes, mille histoires rendent ce livre sur la mort extrêmement vivant.

Jorge Semprun aurait pu se contenter d´écrire des souvenirs ou un document. Mais il a composé une œuvre d´art où l´on n´oublie jamais Weimar, la petite ville de Goethe, à quelques pas de Buchenwald, la poésie et la force des mots et de tous ces symboles, en voisinage avec le silence de la mort, et tout ce qui aide ces êtres encore en vie à tenir comme tel le plus longtemps possible.

L'écriture ou la vie, Jorge Semprun
Folio, Paris, 2005
11,- €
Page 15/19
15

EN VITRINE

"Le Paris de Georges Perec : la ville mode d'emploi" de Denis Cosnard

"Le Paris de Georges Perec : la ville mode d'emploi" de Denis Cosnard

En 1981, Georges Perec s'interroge : doit-il dire « j'habite Paris », « j'habite à Paris », « j'habite la capitale », « j'habite la Ville lumière », ou encore « j'habite la ville qui jadis s'appelait Lutèce » ?
Tel est le Paris de Perec. Un lieu où vivre, mais aussi un terrain de jeu, d'expérimentation et d'écriture. Une ville puzzle, coupée en morceaux par « l'histoire avec sa grande hache », et dont les pièces éparses demandent à être patiemment assemblées : le Belleville pauvre de la prime enfance, le 16e arrondissement cossu de l'adolescence, le Quartier latin de l'âge adulte, les cafés, les appartements amis...
Avec Perec, Paris devient texte. La ville de papier trouve son mode d'emploi. (Éditions Parigramme, 09/2022)

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