Le conteur primordial mobilise déjà l’incertitude épique de Cervantès ; les distorsions du réel de Kafka ; les touffeurs langagières de James Joyce ; le majestueux détour de Faulkner autour d’une damnation originelle... Et, je ne veux pas vous faire de la peine, mais il m’est arrivé d’imaginer, à l’écoute de nos vieux contes, que ce cher Rabelais, ce père du langage, ce surgissement d’une catastrophe esthétique extrême, venait très certainement d’une plantation martiniquaise. Je crois que Rabelais est un conteur créole.
Patrick Chamoiseau
Discours inaugural de la Chaire d’écrivain en résidence, Sciences Po Paris, 27/01/2020

Sitaudis.fr : Revue off
Gérard Vincent, L’incandescence par Michaël Bishop 04/02/2025
Pierre Guyotat. La Parole visible (coll.) par Jacques Barbaut 03/02/2025
Dante Alighieri, Une vie nouvelle, traduction d’Emmanuel Tugny par Florica Courriol 03/02/2025
du9 : L'autre bande dessinée
Sur les vacances 12 06/08/2026
Sur les vacances 11 05/08/2026
Sur les vacances 10 04/08/2026

Incontournable double numéro spécial de la revue littéraire et philosophique Inculte de Jérôme Schmidt et Oliver Rohe, avec le non moins incontournable François Bégaudeau (membre émérite du comité de rédaction) au sommaire. Si le football est une Odyssée des temps modernes, ce numéro d’ Inculte avec un Footix affublé d’un casque à pointe en couverture donne le ton d’une chanson de geste bien française au pays des 60 millions de sélectionneurs. Un parcours amusant et ludique, donc, mêlant citations littéraires, clins d’œils de spécialistes et fictions sur les résultats. Pour footballo-maniaques, lecteurs de livres pas toujours sérieux.
En marge de ferveurs populaires parfois pathétiques mais difficilement critiquables en ces temps de globalisation médiatique et de religion universelle du ballon rond, un décryptage de la « footballisation du monde » par un sociologue et un professeur en esthétique. Mercenaires en crampon, Peuple football, Mystification populiste, doux noms d’oiseaux qui peuplent le sommaire, balisent un essai au mauvais esprit dévastateur, décortiquant une des plus magistrales régressions collectives humaines que certains beaux esprits érigent en art de la non-guerre. Pour ceux que les fronts plats, les sifflets et les chants guerriers n’ont jamais fait rire. Ohé ohé-ohé-ohé !
Le livre d’image absolu sur le héros de tous les temps dont la tonsure quasi-monastique réenchanta la Douce France en des temps troublés, diront les bardes du 4ème millénaire. Ce Zidane en BD au parfum très « vintage » de Cœurs vaillants, Prince Eric ou Francs Camarades, remplit à souhait sa fonction d’hagiographie lisse et consensuelle. « Yalla en avant, tous champions de vie ! » comme l’écrit Sœur Emmanuelle (directrice de collection) en préface. Pour jeunes de 7 à 97 ans… Tout est dit.
Où les métaphores de foot s’immiscent dans la tête d’un auteur français des plus conséquents dès ce premier roman. Lui-même féru de vestiaires, corners et chaussures à crampons, François Bégaudeau (dont le troisième et dernier livre « Entre les murs » s’est vu décerner le prix Télérama-France-Culture en 2006) érige en art le jargonnage d’Aimé Jacquet et Thierry Roland appliqué aux jeux de l’amour. Pour lecteurs avertis ou non, un texte jouissif autour d’une passion vécue en butte à l’obsession de sa propre parole.
Un roman noir d’anthologie pour faire bonne mesure, par une des auteures majeures du genre : turpitudes, corruption et cadavres autour d’un club d’Ile-de-France en passe de devenir champion du pays, avec un président de club entrepreneur de travaux publics et maire de la ville... Pour ceux que font très peu rire les dessous politico-financiers du ballon rond hexagonal.
